



Quand la Révolution industrielle commence au début du 19ème siècle, l’histoire de la manufacture roubaisienne est vieille de 3 siècles ; 3 siècles de compétition avec Lille qui possède depuis le 13ème siècle des privilèges lui donnant le monopole de la fabrication de tissus. En 1469, le seigneur Pierre de Roubaix obtient du duc de Bourgogne le droit pour les Roubaisiens de fabriquer du tissu grossier (les tissus les plus fins étant toujours la chasse gardée de Lille). A partir de cette date et jusque 1791, année de l’abolition des derniers privilèges de négoce lillois, les Roubaisiens n’auront de cesse de contourner ces privilèges à force d’audace et d’innovation pour développer une manufacture qui au début du 19ème siècle est déjà connue à travers le monde.
Durant tout le 19ème siècle, la Révolution Industrielle offre à la ville les innovations techniques nécessaires au développement de son industrie. Roubaix croît au rythme de certaines villes anglaises ou américaines grâce notamment à un afflux régulier d’immigrants belges : de 8 000 habitants au début du siècle, la ville compte 124 000 habitants en 1899.
C’est à la même époque, en 1880, qu’Israel Jean-Baptiste Craye, alors jeune apprenti venu tout droit de Belgique, crée une petite fabrique rue de la Fosse aux Chênes à Roubaix. En 1914, en association avec ses deux fils, Pierre et Maurice, il créé un tissage, rue de Nancy, et se spécialise, avec succès, dans la fabrication de tissus d’ameublement qui connaît alors un essor remarquable.
Les villes de Roubaix et de Tourcoing constituent alors et ce jusque dans les années 60 le premier centre d’industrie textile en France et entretiennent des liens avec le monde entier (achats de matière première en Australie, comptoirs d’achat en Amérique du Sud, succursales d’usines roubaisiennes en Europe de l’Est et en Amérique du Nord).
Dans les années 60, en réponse à une conjoncture défavorable, certaines entreprises textiles roubaisiennes diversifient leur production à l’image de la société Craye et fils qui se lance dans la reproduction de tapisseries médiévales.
En 1992, l’entreprise familiale est rachetée par le groupe belge Flemish Tapestries, spécialisé en tapisseries murales, coussins, sac à main, etc. Soucieux de préserver et de transmettre ce savoir-faire, M. Persyn, PDG du groupe et amateur éclairé d’Histoire, créé en 2001, le musée du Jacquard dans une partie du lieu de production roubaisien. Ce dernier est transféré à en 2008 sur le site Bergerau à Cysoing. M. Persyn cède les collections du musée à la ville de Roubaix qui rachète les bâtiments pour continuer à faire vivre ce pan de l’histoire textile.
Le musée du Jacquard est rebaptisé en janvier 2009 la Manufacture des Flandres – Musée Atelier du Textile.
